INDONÉSIE L'an dernier, la Société biblique indonésienne (LAI) a fait appel à des personnes issues de nombreux arrière-plans différents notamment des professeurs, des fermiers, des anciens et pasteurs d'Églises pour qu'elles apportent leur aide dans le cadre d'une ambitieuse campagne d'alphabétisation. Sur une période de neuf mois et en collaboration avec les Églises locales, la LAI s'est efforcée de donner les bases de la lecture [et de l'écriture] à plusieurs milliers d'adultes et d'enfants de la province du Timor central méridional.
« Il était essentiel que les enseignants fassent preuve de patience et de zèle », nous dit Budi Kadarmanto, chef du service communication de la LAI. Les élèves, bien que tous vivement désireux d'apprendre, étaient d'âges et de personnalités très différents, ce qui posaient d'importantes difficultés aux enseignants. Un autre problème, explique M. Matias, qui faisait partie des 200 enseignants, était que les élèves adultes avaient de nombreuses responsabilités. « Pendant qu'ils étudiaient, leur attention était parfois ailleurs, par exemple dans leur ferme ou auprès de leurs enfants ou de leur bétail. Pour tenter d'y remédier, j'attirais leur attention en leur demandant de chanter avec moi, car ils aimaient chanter avant le début des cours. »
Temps et énergie
Pour certains élèves, le seul fait de venir en classe était un sacrifice considérable en termes de temps et d'énergie. Un grand nombre d'entre eux étaient fermiers, et ils ne pouvaient quitter leurs champs très longtemps. D'autres avaient des tâches à faire à la maison. « Il fallait que je fasse 2 km à pied pour rejoindre la classe, raconte une participante. J'amenais mon bébé avec moi parce qu'il n'y avait personne à la maison pour le garder. »
Les efforts des enseignants pour aider les élèves à acquérir les bases de la lecture et de l'écriture ont été soutenus par des coordinateurs régionaux, généralement pasteurs. Ils devaient eux aussi pleinement comprendre les arrière-plans dont étaient généralement issus les élèves. Ils ont régulièrement visité les classes et ont souvent rencontré des personnes comme Yusak Bin, 25 ans. Yusak est tellement enthousiasmé par l'impact de l'alphabétisation dans sa propre vie qu'il veut maintenant transmettre ce savoir à d'autres.
« Je ne suis jamais allé à l'école, alors je n'ai jamais appris l'alphabet ou les chiffres, raconte-t-il. C'est tellement merveilleux pour moi. Je veux que mes amis qui ne savent ni lire ni écrire aient eux aussi une occasion comme celle-ci, et je suis prêt à les aider. »
La responsabilité globale de cette campagne d'alphabétisation avait été confiée à Milka Derma Mangwna. Cette dernière sait que le fait d'apprendre à lire peut également améliorer considérablement la compréhension qu'ont les personnes des Écritures. « Il est important que les gens n'apprennent pas seulement à lire et à écrire, nous dit-elle. Il faut aussi qu'ils apprennent par cur la Parole de Dieu. J'espère que les Églises et les gouvernements locaux poursuivront ce qu'a commencé la LAI, afin que tous les chrétiens de cette région puissent lire la Parole de Dieu par eux-mêmes et comprendre ce que représente la Bible. » Et c'est bien cette vision que ces personnes, en acquérant les bases de la lecture et de l'écriture, deviennent « des interprètes de la Parole de Dieu » qui l'a soutenue lorsqu'elle a parcouru de longues distances, souvent à pied, entre les différents groupes d'étude.
Cette campagne ayant permis à 2 300 personnes d'acquérir un certain niveau d'alphabétisation, la LAI compte désormais proposer son aide au moment où les Églises et les organisations gouvernementales entreprennent le travail de suivi.
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